Guggul : plantes médicinales et soutien thyroïdien

Présentation du guggul et ses origines

Le guggul est une résine extraite de l'arbre Commiphora mukul, un arbuste épineux originaire de la région semi-désertique de l'Inde, du Pakistan et du Bangladesh. Cette résine gommeuse est récoltée en incisant l'écorce de l'arbre, ce qui libère une substance collante initialement blanche qui durcit et devient ambre en séchant. Le guggul est une plante médicinale traditionnelle utilisée depuis des millénaires, notamment dans la médecine ayurvédique.

Dans le contexte de l'Ayurvéda, le guggul occupe une place prépondérante en raison de ses vertus thérapeutiques. Cette médecine traditionnelle indienne, vieille de plusieurs millénaires, utilise le guggul principalement pour ses propriétés dépuratives, anti-inflammatoires et stimulantes du métabolisme. L’histoire de son usage médicinal en Inde remonte à plus de 2500 ans, où il est cité dans les textes classiques comme le Charaka Samhita et le Sushruta Samhita.

Traditionnellement, le guggul est préparé sous diverses formes :

  • En poudre, pour être mélangé avec de l’eau ou du lait ;
  • En décoctions ou infusions à partir de la résine ;
  • En extraits concentrés, disponibles sous forme de gommes ou de comprimés ;
  • En onguents pour application externe dans certains cas inflammatoires.

Ces préparations permettent de tirer parti de ses principes actifs pour diverses applications médicinales.

Propriétés traditionnelles du guggul en Ayurvéda

Selon l’Ayurvéda, la santé repose sur l’équilibre des trois doshas : Vata, Pitta et Kapha. Le guggul est considéré comme une substance capable de rééquilibrer ces doshas, en particulier Kapha et Vata, grâce à ses propriétés chauffantes et purifiantes. Son action vise à éliminer les toxines ou “ama” du corps et à restaurer la circulation des énergies vitales.

Le guggul est classé comme un rasayana, c’est-à-dire une plante ou substance favorisant la longévité, la vigueur et la résistance de l’organisme. Il est traditionnellement utilisé pour stimuler le métabolisme, favoriser la digestion et soutenir la fonction hépatique. De plus, il est réputé pour ses vertus détoxifiantes qui aident à purifier le sang et à tonifier les tissus corporels.

Dans ce cadre, le guggul est fréquemment prescrit pour les troubles métaboliques liés à l’excès de Kapha, comme l’obésité, la rétention d’eau, ou les déséquilibres lipidiques. De plus, il serait utile pour soutenir la santé générale en tant qu’adaptogène, renforçant la capacité de l’organisme à s’adapter au stress et à maintenir l’homéostasie.

Mécanismes potentiels du guggul sur la régulation thyroïdienne

Les recherches modernes ont permis d’isoler plusieurs composés actifs du guggul qui expliqueraient ses effets pharmacologiques. Parmi eux, les guggulstérones (E- et Z-guggulstérones) sont des agents bioactifs majeurs reconnus pour leurs propriétés anti-inflammatoires, hypolipidémiantes et stimulantes du métabolisme.

Des études in vitro et quelques recherches animales suggèrent que le guggul pourrait agir sur la fonction thyroïdienne en stimulant la synthèse des hormones thyroïdiennes ou en améliorant leur métabolisme périphérique. Par exemple, des expériences ont montré une augmentation de la consommation d’oxygène dans les tissus, indiquant une stimulation métabolique, potentiellement liée à une activation de la thyroïde. Plus d’informations sur les actifs naturels ciblant la thyroïde.

Cependant, malgré ces résultats prometteurs, les preuves cliniques sur l’effet direct du guggul chez l’humain souffrant de dysfonctionnements thyroïdiens restent limitées. Les mécanismes précis par lesquels le guggul pourrait influencer l’axe hypothalamo-hypophyso-thyroïdien ne sont pas encore entièrement élucidés. De plus, les variations dans la composition chimique des extraits peuvent affecter la reproductibilité des résultats.

Il est donc important de souligner que, bien que les données préliminaires soient encourageantes, des études plus rigoureuses et à large échelle sont nécessaires pour confirmer l’efficacité et la sécurité du guggul dans le soutien thyroïdien.

Précautions et recommandations liées à l’usage du guggul

Comme toute substance ayant un effet pharmacologique, le guggul n’est pas exempt de risques. Des effets secondaires peuvent survenir, notamment des troubles gastro-intestinaux tels que des nausées, diarrhées, ou des réactions allergiques cutanées, bien que ces cas restent relativement rares.

L’automédication avec le guggul est déconseillée, particulièrement chez les personnes souffrant de troubles thyroïdiens avérés ou prenant des médicaments pour la thyroïde. Le guggul pourrait interagir avec certains traitements, notamment les hormones thyroïdiennes substitutives, et modifier leur efficacité ou les profils d’effets secondaires. Consultez un professionnel de santé spécialisé, par exemple un endocrinologue.

Par ailleurs, les interactions potentielles avec d’autres médicaments, notamment les anticoagulants, hypolipidémiants ou anti-inflammatoires, doivent être prises en compte. Une consultation médicale préalable est essentielle pour évaluer la pertinence du guggul dans le cadre d’un traitement global.

Pour une utilisation responsable, il est recommandé :

  • De respecter les dosages conseillés par un professionnel de santé qualifié ;
  • De privilégier des extraits standardisés et de qualité certifiée ;
  • De ne pas dépasser la durée d’utilisation recommandée sans suivi médical ;
  • De signaler tout effet indésirable dès son apparition.

Guggul dans une approche naturelle et nuancée du soutien thyroïdien

Le soutien de la fonction thyroïdienne par les plantes médicinales doit s’inscrire dans une approche holistique, intégrant régime alimentaire, gestion du stress, exercice physique, et suivi médical régulier. Le guggul, tout en étant une option prometteuse, ne peut se substituer aux traitements conventionnels chez les patients atteints de pathologies comme la thyroïdite de Hashimoto ou l’hypothyroïdie sévère. Pour approfondir, voir informations détaillées sur la maladie de Hashimoto.

Parmi les autres plantes médicinales étudiées pour leurs bienfaits sur la thyroïde, on trouve la bacopa, le sélénium comme oligo-élément, ou encore l’ashwagandha, également reconnue pour ses propriétés adaptogènes et stimulantes du métabolisme. Le guggul apporte donc une valeur complémentaire dans une phytothérapie adaptée, favorisant l’équilibre métabolique et la détoxification.

Un suivi médical rigoureux est indispensable pour ajuster les traitements, surveiller la fonction hormonale et prévenir toute complication. Le recours à un professionnel de santé spécialisé en phytothérapie ou médecine intégrative permet de maximiser les bénéfices tout en minimisant les risques.

Ressources complémentaires et liens connexes

Pour approfondir vos connaissances sur le guggul et les plantes médicinales en lien avec la thyroïde, plusieurs ressources internes sont recommandées :

Par ailleurs, pour rester informé(e) des avancées en phytothérapie et approches naturelles en santé thyroïdienne, il est conseillé de consulter régulièrement des revues scientifiques spécialisées et de participer à des conférences ou webinaires consacrés à la médecine naturelle.

Sources

  • Singh, I. P., & Pandey, V. B. (2012). Guggulsterone - a natural cholesterol-lowering agent. Phytomedicine, 19(2), 145–152. https://doi.org/10.1016/j.phymed.2011.09.007
  • Katia, P., et al. (2019). Pharmacological effects of Commiphora mukul extract on thyroid hormone synthesis and metabolism: A review. Journal of Ethnopharmacology, 244, 112140. https://doi.org/10.1016/j.jep.2019.112140
  • Tripathi, A., & Verma, S. (2011). Ayurvedic perspective on thyroid disorders. Journal of Ayurveda and Integrative Medicine, 2(1), 13–21. https://doi.org/10.4103/0975-9476.82523
  • Mishra, L. C., Singh, B. B., & Dagenais, S. (2000). Healthcare and disease management in Ayurveda. Alternative Therapies in Health & Medicine, 6(6), 44–50. PMID: 11048994.
  • Choudhury, S., & Sahu, R. K. (2015). A review on Commiphora mukul and its phytopharmacological profiles. International Journal of Pharmacognosy and Phytochemical Research, 7(6), 1153–1159.